Lafouta, ou fut ah pour certains, est un accessoire qui se retrouve Ă mi-chemin entre le parĂ©o et la serviette de bain. Ă ses dĂ©buts, elle se retrouvait principalement dans les Ă©tablissements de bain de vapeur (hammam en arabe). Ce genre de serviette permettait donc de se balader dans le hammam sans sâexposer complĂštement.
Onentend de plus en plus les gens parler de fouta, mais quâest-ce en rĂ©alitĂ© ? Une fouta câest un accessoire Ă mi-chemin entre la serviette de bain et le parĂ©o. Au dĂ©part vous pouviez trouver cet accessoire dans les hammams, cette sorte de serviette vous permet de vous balader dans le hammam sans ĂȘtre complĂštement exposĂ©. Lâavantage principal de la fouta est
Lesfoutas donnent un aspect frais, jeune, mais à la fois élégant et dans la couleur du temps, vous pouvez en acheter une sur ce site : Lestoff. Il en existe différentes couleurs et toute une série de modÚles. La fouta a la particularité
Fast Money. News 4 likes 5657 vues Vous avez certainement entendu parler de la fouta! Cette serviette connait aujourdâhui un succĂšs grandissant. Les utilisations de la fouta sont nombreuses. Elle est un must-have de la culture mĂ©diterranĂ©enne et maintenant sur toutes les plages du monde! âą DĂ©finition de la fouta La fouta tunisienne Ă©galement fabriquĂ©e en Turquie ou elle y est appelĂ©e peshtemal en Turc est une serviette rectangulaire ultra lĂ©gĂšre et absorbante en coton, et avec des franges aux appelĂ©e Peshtemal en Turquie, la fouta ou foutah, est originaire de lâAfrique du Nord et plus prĂ©cisĂ©ment de la Tunisie. On lâappelle Ă©galement drap de hammam car câest au cĆur des hammams que cette serviette est nĂ©e. La fouta est en quelques sortes un drap de bain ou une serviette avec des franges au niveau des extrĂ©mitĂ©s. GrĂące Ă sa lĂ©gĂšretĂ©, sa grande taille de 1 Ă 2 mĂštres et sa capacitĂ© Ă absorber lâeau, elle a longtemps Ă©tĂ© utilisĂ©e aux hammams. ExtrĂȘmement douce et confectionnĂ©e artisanalement Ă 100% en coton, la fouta tunisienne est le drap de bain le plus apprĂ©ciĂ©e. âą A quoi sert une fouta ? Bien que la fouta Tunisienne a longtemps Ă©tĂ© utilisĂ©e comme serviette de hammam, elle peut aujourdâhui ĂȘtre utilisĂ©e Ă plusieurs fins. La fouta peut servir, non seulement de serviette de bain mais aussi de nappe de table, de drap ou de serviette de plage, de parĂ©o pour les femmes, les hommes et les enfants, de couverture lĂ©gĂšre, jetĂ© de canapĂ©, de tapis de Yoga ou de fitness etc... Cet accessoire existe en plusieurs tailles. Vous pouvez donc trouver des mini foutas de 50 x 90 cm que vous pouvez utiliser pour sĂ©cher vos cheveux et mĂȘme pour la cuisine. Ultra souple, douce et disponible en plus couleurs avec diffĂ©rents motifs, la fouta tunisienne est lâaccessoire que vous devez absolument avoir. TrĂšs pratique dâutilisation, câest le must have des accessoires d'Ă©tĂ©. La fouta tunisienne est aussi la meilleure alternative aux serviettes Ă©paisses. âą Quels sont les diffĂ©rents modĂšles de foutas ? Les diffĂ©rents types de tissage de foutaLes foutas existent en plusieurs modĂšles. Ces modĂšles se distinguent les uns des autres par la nature du tissage, mais ont en commun la nature de la matiĂšre premiĂšre utilisĂ©e le coton, la souplesse et la douceur. Parmi les modĂšles de foutas tunisiennes on peut citer la fouta platela fouta nid dâabeillela fouta chevron et diamantsla fouta Ă©ponge la fouta modĂšles ont des designs trĂšs variĂ©s, se dĂ©clinent en toutes sortes de couleurs, sobres et Ă©clatantes, et sont parfaitement adaptĂ©s Ă de nombreuses utilisations. âą Quelles sont les Ă©tapes de fabrication dâune fouta? La fouta est tissĂ©e sur des mĂ©tiers Ă tisser. Bien que le tissage soit automatisĂ©, les franges sont nouĂ©es traditionnellement Ă la foutas fabriquĂ©es par Towelmed respectent les normes OekoTex standard 100, garantissant ainsi l'absence de substances nocives et toxiques issues des teintures pour lâĂȘtre humain. La fabrication des foutas est basĂ©e sur le tissage. Câest lâune des techniques les plus anciennes du monde. Pour crĂ©er une fouta, 2 systĂšmes de fils sont utilisĂ©s, les fils de chaine et les fils de trame. La fouta est ainsi obtenue grĂące Ă l'entremĂȘlement de ces fils perpendiculairement. Sur le schĂ©ma ci-contre, le fil 1 est le fil de chaine vertical et le fil 2 est le fil de trame horizontal.Nous fabriquons votre fouta sur mesure avec le fil de chaine blanc, et le fil de trame avec votre couleur Pantone ou parmi notre panel de franges de la fouta sont toujours nouĂ©es avec les fils de source Wikipedia. âą OĂč acheter des foutas de plage en gros ? Vous cherchez un fabricant spĂ©cialiste en fabrication de foutas et serviettes de bain et plage? Fort de plus de 20 ans dâexpĂ©rience en fabrication des serviettes fouta en Turquie Denizli dans notre usine familiale, nous sommes Ă votre disposition pour vous faire profiter de notre savoir-faire pour la fabrication de fouta sur Ă©quipe est Ă votre disposition pour rĂ©pondre Ă toutes vos questions. NâhĂ©sitez pas Ă vous adresser Ă nous. Vous souhaitez une personnalisation, des dĂ©tails sur ces produits ?
Les foutas ne cessent dâimpressionner plus dâun avec leurs dimensions personnalisables et leur aspect esthĂ©tique. Ces draps de plage font parler dâeux un peu partout grĂące Ă leur polyvalence. Vous pouvez les emmener partout grĂące Ă la finesse de leur matĂ©riau. Dâautres avantages sont Ă prendre en compte si vous ĂȘtes en quĂȘte de lâaccessoire de plage parfait. Le choix dâune fouta se base que vos besoins le nombre dâutilisateur, votre style, la facilitĂ© dâentretien. OĂč trouver une fouta tendance ? Quâest-ce quâun drap de plage ? Les foutas sont les draps de plage les plus sollicitĂ©s de nos jours. Ils se posent sur le sable ou sur le transat. Ils sâutilisent Ă©galement au quotidien aprĂšs le bain. Vous pouvez aussi Ă©tendre vos draps lors dâune partie de pique-nique afin dây dĂ©poser vos mets et pour assurer votre dĂ©tente durant la sortie. NâhĂ©sitez pas non plus Ă utiliser la fouta lors dâun hammam. Le drap de plage peut mĂȘme couvrir vos mobiliers afin de les embellir de temps en temps. Certaines personnes sâĂ©quipent de fouta dans une cuisine afin de lâutiliser comme un torchon. Il y a Ă©galement celles qui couvrent leurs baies vitrĂ©es de fouta, tel un rideau rĂ©solument stylĂ©. Vous lâaurez compris, cet accessoire est indispensable Ă lâintĂ©rieur comme Ă lâextĂ©rieur de votre maison. Les modĂšles sont au choix, vous pouvez voir certains draps tendance en cliquant sur Dâorigine indienne, la fouta est Ă prĂ©sent utilisĂ©e un peu partout dans le monde. Vous pouvez trouver des hommes, des femmes et des enfants sâen approprier en Europe comme dans les autres pays Ă©trangers. Ce linge multi-usages est gĂ©nĂ©ralement tissĂ© en coton, mais dâautres versions ont vu le jour au fil du temps. Quels sont les types de drap de plage ? La serviette-Ă©ponge est le drap de plage que lâon connait depuis toujours. Cette serviette classique Ă©tait surtout utilisĂ©e dans les Ă©tablissements thermaux. Dâun toucher doux, ce drap a toutefois des difficultĂ©s Ă retenir le sable. Ce souci a fait que dâautres modĂšles ont vu le jour plus tard. La serviette en nids dâabeilles offre une excellente capacitĂ© dâabsorption. Elle retient moins le sable en plus dâĂȘtre doux au toucher. La serviette en microfibres quant Ă elle est Ă la fois absorbante et facile Ă sĂ©cher. Elle est moins encombrante grĂące Ă sa finesse. Les foutas ont le vent en poupe, les modĂšles ne cessent dâĂȘtre revisitĂ©s afin de rĂ©pondre Ă tous les besoins. Un drap de plage existe en plusieurs dimensions. Opter pour une taille 86 x 160 cm pour un modĂšle standard. Vous pouvez profiter dâune partie de bronzage tout en gardant les jambes sur le sable, si tel est votre dĂ©sir. Les dimensions supĂ©rieures allant jusquâĂ 140 x 200 cm quant Ă elles permettent Ă un couple de sâallonger confortablement sur le sable. Câest le modĂšle Ă privilĂ©gier pour un pique-nique. La matiĂšre est aussi au choix coton, nid dâabeille, microfibre, Ă©ponge, etc. Un linge Ă la fois moelleux et doux mais qui vous donne les moyens de dĂ©gager facilement le sable est lâidĂ©al. Pourquoi opter pour la fouta ? Les foutas se dĂ©clinent en diverses couleurs et motifs. Vous pouvez aussi opter pour des modĂšles Ă thĂšme. Les enfants par exemple peuvent choisir des linges sur lesquels seront imprimĂ©s leurs hĂ©ros de dessins animĂ©s prĂ©fĂ©rĂ©s. Les filles quant Ă elles adorent les motifs fleuris et les couleurs pastel. Une fouta vous Ă©vite de vous encombrer avec une serviette Ă©paisse et qui a tendance Ă stocker le sable. Sa lĂ©gĂšretĂ© vous permet de lâutiliser en toute saison et lâemmener partout oĂč vous irez. Le design de ce drap vous permet de vous balader fiĂšrement avec en hiver comme en Ă©tĂ©. Vous pouvez aussi habiller vos meubles avec les linges afin de leur confĂ©rer un certain style. Il en est de mĂȘme pour vos fenĂȘtres. La fouta peut faire office de rideau. Besoin dâune dĂ©coration cocooning Ă lâintĂ©rieur de vos piĂšces Ă vivre durant la pĂ©riode hivernale ? Utilisez les draps comme des plaids, tout est possible. Vous avez le choix quant Ă la taille des serviettes et leurs matiĂšres. Un modĂšle maxi peut servir toute une famille. Nul besoin dâemporter 4 linges, un seul suffira pour que petits et grands puissent se dĂ©tendre sous le soleil radieux. OĂč acheter votre drap de plage fouta ? Vous pouvez vous rendre au magasin pour acheter vos foutas. Le souci est que le modĂšle dĂ©sirĂ© ne sera pas forcĂ©ment disponible. Vous aurez perdu du temps Ă vous dĂ©placer. LâidĂ©al est dâacheter vos accessoires de plage en ligne. Le site marchand affiche les caractĂ©ristiques des draps, leurs tailles, couleurs et Ă©paisseurs. Vous pouvez prendre votre temps avant dâen sĂ©lectionner un. Le site vous permet aussi de contacter facilement les vendeurs en cas de problĂšme ou si vous dĂ©sirez vous renseigner davantage du le produit. Une fouta est Ă la fois tendance, rĂ©sistante, moelleuse et lĂ©gĂšre. Elle peut vous accompagner partout. Le prix dâun tel produit vari dâun vendeur Ă un autre. Cet accessoire en vaut largement la peine si vous dĂ©sirez vous faciliter la vie que ce soit Ă la plage, dans un endroit de plein air ou dans un lieu humide.
1Dans la logique de la pensĂ©e occidentale, la parole, bien que premiĂšre dans lâordre de lâapprentissage, est peu considĂ©rĂ©e en ce sens quâelle ne serait pas apte Ă fonder la vĂ©ritĂ© en raison prĂ©cisĂ©ment de sa faiblesse Ă prĂ©server et Ă conserver, avec exactitude dans la durĂ©e, le contenu dâun Ă©noncĂ©. Ainsi, la parole serait mineure relativement Ă lâĂ©crit. Cette position fut Ă lâorigine dâune classification sociale qui accorda Ă certaines sociĂ©tĂ©s non occidentales, une spĂ©cificitĂ©, lâoralitĂ©. 1 CALVET, La tradition orale, Paris, 1984, p. 125. 2Ainsi en Afrique, un continent oĂč lâoralitĂ© est omniprĂ©sente quant Ă la maĂźtrise des savoirs et Ă la transmission du patrimoine des groupes sociaux, lâĂ©criture est dite absente. Alors, le dire est ce qui inscrit le message dans la durĂ©e et les paroles acquiĂšrent donc la qualitĂ© de la trace, dâoĂč lâaffirmation de Louis-Jean Calvet1 ici, les paroles restent, verba manent ». 3Mais cette parole qui reste, qui sâincruste, qui rĂ©siste Ă lâĆuvre du temps, nâest jamais quâune mĂ©moire orale ; elle renvoie toujours Ă des formes matĂ©rielles, Ă des signes, supports de ce verbe oral dĂ©notant ainsi la production de traces signifiantes qui ne sont pas perçues comme Ă©tant une manifestation de lâĂ©criture. Toute affirmation dâune absence dâĂ©criture africaine paraĂźt donc lĂ©gitime. Mais dâoĂč nous vient cette lĂ©gitimitĂ© ? 4Son origine est historiquement et idĂ©ologiquement dĂ©terminĂ©e ; une dĂ©termination qui demeure actuelle car le clivage civilisation orale/civilisation Ă©crite est maintenu. Ainsi est Ă©tablie une diffĂ©renciation gĂ©ographique. On le sait, lâAfrique appartient Ă lâespace de lâora- litĂ© tandis que lâOccident sans oublier pour autant lâAsie et le monde arabe relĂšve de celui de lâĂ©crit. Toutefois, lâoralitĂ© persiste en Europe et lâĂ©crit sâaccroĂźt considĂ©rablement en Afrique malgrĂ© de faibles taux de scolarisation. Son essor y est dâautant plus croissant que lâon serait tentĂ© de soutenir lâabsence de la dichotomie ici Ă©noncĂ©e. De fait, lâutilisation, dans les espaces dits de lâoralitĂ©, de lâalphabet latin et du systĂšme de transcription propre au monde occidental, attestent dâune existence de lâĂ©crit en ces lieux. Cependant, il ne saurait ĂȘtre question, pour cette raison, de parler dâĂ©criture africaine en indiquant cette technique dâemprunt qui, de toute Ă©vidence, ne prĂ©sente pas une spĂ©cificitĂ© susceptible de lĂ©gitimer son proprium africanum ou, pour ĂȘtre plus prĂ©cis encore, sa nĂšgrĂ©itĂ©. Par consĂ©quent, câest bien en raison de lâexclusion des Ă©critures empruntĂ©es Ă dâautres civilisations que lâAfrique subsaharienne reste la terre de lâoralitĂ©. 2 Je reprends ici avec de lĂ©gĂšres modifications un extrait de âGens de la paroleâ, gens du livre ou ... 5Mais cette spĂ©cificitĂ© africaine est toute relative car il nâest pas certain que lâaire occidentale, traditionnellement considĂ©rĂ©e comme une aire de lâĂ©crit, ne soit pas marquĂ©e par lâoralitĂ©, y compris aujourdâhui encore. Il suffit dâobserver nos comportements pour comprendre et admettre que cette pratique est toujours bien ancrĂ©e dans la civilisation de lâĂ©crit. Si dans les dĂ©marches administratives, nous procĂ©dons par textes, le suivi des dossiers se fait souvent Ă lâoral Ă lâexception bien Ă©videmment des situations Ă tendance conflictuelle. De mĂȘme, il est possible de soutenir que lâĂ©crit nâest pas absolu- ment absent en Afrique noire. Outre les Ă©critures qui nâont pas survĂ©cu Ă lâĂšre coloniale â notamment lâĂ©criture bamoun, une invention du jeune bouillonnant et ambitieux sultan Njoya 1875-1933, basa, mende en Sierra Leone et au LibĂ©ria, vai en Sierra Leone, nsidibi au Nigeria oriental et vili dans les deux Congo et Ă lâexception de lâĂ©criture occidentale, lâAfrique est marquĂ©e par un systĂšme dâĂ©criture non alphabĂ©tique dĂ©celable dans ses crĂ©ations plastiques. MalgrĂ© ces rĂ©serves, qui ne peuvent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©es ici car ce nâest pas le lieu, lâopposition Ă©crit/oral apparaĂźt comme un marqueur rĂ©vĂ©lateur du rapport Afrique/Occident2. 6Ainsi, parler de lâoralitĂ© dans une journĂ©e dâĂ©tude consacrĂ©e Ă la thĂ©ologie africaine dans un espace de lâĂ©crit me conduit Ă poser un questionnement sur la pertinence ou non de la thĂ©ologie dans les aires culturelles marquĂ©es par cette oralitĂ© dans la mesure oĂč cette thĂ©o- logie ne relĂšve pas des religions africaines. Comment ce qui est de lâordre de lâĂ©crit, ce qui relĂšve de lâĂ©tude de textes sacrĂ©s â mĂȘme si ces textes peuvent prĂ©senter une ouverture sur la pensĂ©e en gĂ©nĂ©ral â, peut-il sâappliquer Ă un contexte oral qui, de surcroĂźt ignore lesdits textes ? Comment pratiquer cette Ă©tude ? En quoi la thĂ©ologie pratiquĂ©e serait-elle africaine ? Quelles pourraient ĂȘtre les adaptations possibles ? 7NâĂ©tant pas thĂ©ologien, je me garderai Ă©videmment de dĂ©ployer une Ă©tude thĂ©ologique ! Il sâagira plutĂŽt de dĂ©cliner plusieurs accep- tions possibles de la notion de parole Ă partir de lâexemple dâune ethnie dĂ©terminĂ©e, les Dagara du Burkina Faso. Lâenjeu est de montrer que cette notion, qui est un dĂ©terminant substantiel de lâoralitĂ©, prĂ©sente une valeur sociale. En tant que telle, elle contribue Ă la structuration de la sociĂ©tĂ©. De ce fait, lâoralitĂ©, loin de constituer un obstacle, peut se rĂ©vĂ©ler ĂȘtre un espace favorable Ă une expression thĂ©ologique occidentale susceptible de sâenrichir de perspectives africaines. Pour cela, je commencerai par une dĂ©finition de la parole. Quâest-ce que la parole ? 8La parole renvoie Ă un acte, celui dâune Ă©mission de sons articulĂ©s signifiants. Ses sons qui sont variables font appel Ă la bouche, Ă la glotte, Ă la langue au palais, de sorte que la parole en langue dagara, est dâabord rĂ©fĂ©rencĂ©e Ă la bouche et Ă la langue qui apparaissent comme les vecteurs privilĂ©giĂ©s. Selon lâexpĂ©rience dagara, la coĂŻncidence sĂ©mantique entre bouche, langue et parole est si bien Ă©tablie que la conscience collective en vient Ă ignorer lâimportance du palais et de la glotte pour la production des sons mĂȘme si ces Ă©lĂ©ments sont pourtant convoquĂ©s. Le son produit est toujours perçu comme nâĂ©tant que le rĂ©sultat de lâaction combinĂ©e de la bouche et de la langue. 9Aussi la parole yΔrÏ
en dagara dĂ©signe-t-elle de façon gĂ©nĂ©rale le langage articulĂ©. RapportĂ© Ă la bouche, celui-ci se distingue des autres formes de langage. Dans ce contexte, la notion de parole en dagara porte le mĂȘme nom que la bouche nÏ
or et la langue zΔl. Ainsi, lorsque le Dagara Ă©voque la parole de la bouche nÏ
or yΔrÏ
, il Ă©nonce par la mĂȘme occasion la reconnaissance quâil y a dâautres formes de paroles notamment non verbales qui sont, par exemple, les mimes ou encore des sons exprimĂ©s selon une articulation spĂ©cifique non accessible Ă tous. Câest le cas de la musique et en lâoccurrence celle du balafon. 10En effet, le balafon est dit avoir une bouche et une voix ; il parle donc ! Et, il parle si bien que les paroles Ă©noncĂ©es peuvent mettre en scĂšne les personnes suivant leur genre. Câest particuliĂšrement le cas des musiques funĂ©raires qui sont diffĂ©renciĂ©es selon que la personne dĂ©cĂ©dĂ©e est une femme ou un homme. Cependant, pour accĂ©der au signifiĂ© il est nĂ©cessaire de possĂ©der un code dâinterprĂ©tation et il nâest pas donnĂ© Ă tous de lâavoir. Outre le balafon â et cela vaut pour beau- coup dâautres populations africaines â le tam-tam est aussi un outil de communication non verbale. Ainsi de celui qui sonne le rassemblement du village des DiallobĂ©, ces Peuls Toucouleurs du Fouta-Djalon et que nous dĂ©crit Cheikh Hamidou Kane dans son roman, Lâaventure ambiguĂ«. 11Si la parole est renvoyĂ©e Ă la bouche, celle-ci, en tant que terme, comporte dâautres contenus sĂ©mantiques. En dagara, le mĂȘme terme qui dĂ©signe la bouche nÏ
or, signifie par ailleurs rĂšgle, loi, vĆu, promesse, juron au sens fort dans son rapport au verbe jurer. Par ces catĂ©gories, la parole se conçoit comme une institution sociale. Aussi est-il important de savoir en faire usage. En tant quâinstitution, elle a un rĂŽle de rĂ©gulation. La parole ne sâĂ©nonce pas indiffĂ©remment selon quâon est jeune ou vieux, homme ou femme. Si le jeune est prolixe, voire volubile, le sage est toujours mesurĂ©. Du sage qui ne sâexprime pas convenablement, il sera dit de lui quâil parle Ă la maniĂšre dâun enfant Ï
yΔrΔ nĂŁ mÎ bÎŻbÎŻlĂ© ĂĄ. Autrement, en tant que dĂ©tenteur du savoir, il connaĂźt la norme. Aussi parle-t-il peu et juste. Il sait quand parler et quand se taire. Dans ce cas, le silence en lui-mĂȘme devient une parole ou plus exactement une communication non verbale. La possession de la parole est donc un art car possĂ©der la parole câest avoir le pouvoir de son contrĂŽle, câest savoir en faire bon usage. Savoir parler, câest donc savoir contrĂŽler sa bouche et sa langue, câest- Ă -dire savoir observer le silence quand câest nĂ©cessaire. Lâobservance mĂȘme du silence est une parole sans articulation. Par le silence, un interlocuteur dit Ă son correspond quâil ne peut et/ou ne doit parler. Mais dans le fond, lâimpossibilitĂ© de parler est quand mĂȘme une parole. Le silence perçu comme absence de parole, voire de communication, câest-Ă -dire un non-dire, comporte nĂ©anmoins et toujours un dire qui est certes le silence mais encore le refus de communiquer, de divulguer quelque chose, un refus qui est toujours une expression signifiante. Alors, la parole et la non-parole partagent une identitĂ©, celle de la communication dâun message. Sans avoir les mĂȘmes contenus, parole et silence ont une nature commune dans cette occurrence. 12La prise de prĂ©cautions par le vieux qui dispense ses mots avec parcimonie tĂ©moigne de ce que la parole engage son auteur, qui est responsable de ses propos. Alors la parole a Ă voir avec la vĂ©ritĂ© comme conformitĂ© de ce qui est dit Ă ce qui est. Mais cette parole qui engage et qui a rapport Ă la vĂ©ritĂ© est une parole dans laquelle interviennent les anciens, et notamment les ancĂȘtres et les dieux. Cette parole dans laquelle lâacteur prend les ancĂȘtres Ă tĂ©moin est engagement Ă leur Ă©gard, voire engagement de sa vie. Cela sâappelle nÏ
or, câest-Ă -dire un vĆu ou plus exactement un vĆu impliquant une promesse. Et si cette parole engage son auteur, câest parce que le vĆu est un pacte Ă©tabli entre lâauteur et une puissance invisible qui peut ĂȘtre lâancĂȘtre ou tout autre entitĂ© divine. Dans ce pacte, celui qui fait le vĆu donne sa parole. Et en tant que parole donnĂ©e, elle Ă©nonce les termes du pacte. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, ces termes consistent en une demande faite Ă la puissance ou Ă lâancĂȘtre. En contrepartie, le demandeur sâengage Ă satisfaire la puissance par lâoffrande dâun sacrifice. 3 M. PĂRE, Les Lobi. Tradition et changement. Burkina Faso, 2 tomes, Ă©ditions SiloĂ«, Laval, 1988, p. ... 13Le vĆu formulĂ© peut engager toute une collectivitĂ©. Ainsi, au dĂ©but du XXe siĂšcle, les Lobi, pour rĂ©sister Ă la colonisation française, avaient posĂ© la bouche » de ne pas scolariser leurs enfants. La scolarisation des enfants Ă©tait pour eux le moyen absolu de la transformation de leur sociĂ©tĂ©. Aller Ă lâĂ©cole signifiait pour eux lâabandon des traditions, câest-Ă -dire la voiex des ancĂȘtres. Alors en en appelant aux ancĂȘtres, ils jurĂšrent de ne pas inscrire les enfants Ă lâĂ©cole du blanc ». En raison de cette parole prononcĂ©e et donc de la promesse faite aux anciens de ne pas suivre la voie du blanc », la scolarisation du pays lobi fut trĂšs pĂ©nible pour lâadministration coloniale. Bien entendu il existait des difficultĂ©s matĂ©rielles Ă©loignement des Ă©lĂšves, absence dâune cantine, mais il y avait surtout le respect de la parole donnĂ©e, câest-Ă -dire la bouche des ancĂȘtres ». Pour respecter un tel engagement, les parents Ă©taient trĂšs rĂ©ticents Ă envoyer leurs enfants Ă lâĂ©cole, au point dâen arriver Ă les cacher. Lâadministration finit par user de la force pour obliger les parents Ă conduire les enfants Ă lâĂ©cole. QuâĂ cela ne tienne, les enfants iront Ă lâĂ©cole ! Mais rĂ©ussiront-ils ? En effet, les sages lobi comptaient sur lâaction des ancĂȘtres pour lâĂ©chec de lâentreprise coloniale, Ă©chec qui devait contribuer Ă la prĂ©servation de leur sociĂ©tĂ©. Et de fait, les Ă©checs scolaires furent nombreux ; ce qui voulait dire que le pacte Ă©tait aussi respectĂ© par les ancĂȘtres. Plus tard, avec le retour au village dâanciens combattants de la Seconde Guerre et le constat des changements dans le pays â peu nombreux sont les Lobi qui accĂ©daient Ă des fonctions publiques dans leur propres villages â ils dĂ©cidĂšrent dâenlever la bouche », câest-Ă -dire de modifier la parole ancestrale. Cela consista en un rituel demandant aux ancĂȘtres de consentir Ă lâabandon de la conformation Ă la premiĂšre parole, celle de ne pas soumettre les enfants Ă lâinstruction occidentale. La demande fut acceptĂ©e et modifia ainsi le comporte- ment de la population3. 14Quâil sâagisse du vĆu, de la promesse ou du juron, la parole des anciens comme la parole aux anciens est sacrĂ©e. Impossible de transiger avec elle ; il faut sây conformer. En outre, lorsquâil sâagit de la parole aux ancĂȘtres, la non-conformation devient un dĂ©dit de soi- mĂȘme. Ainsi, la parole comme vĆu, promesse, rĂšgle ou loi est une parole qui engage et dans laquelle on sâengage. Cet engagement trouve son fondement dans la confiance totale faite Ă la partie invisible des acteurs du pacte. Et que dĂ©signe cette confiance totale sinon la foi ? Au fond, le pacte ne vaut quâĂ la faveur de cette foi qui anime lâhomme qui se laisse guider par lâinvisible. Sans ce dispositif, cet appareil de construction de la vĂ©ritĂ©, le pacte nâaurait pas de validitĂ©. En prenant les ancĂȘtres ou les dieux Ă tĂ©moin, lâacteur dagara part du principe que ces ĂȘtres invisibles ne peuvent se tromper. De sorte que lorsque la demande humaine nâest pas satisfaite, lâĂ©chec est attribuĂ© au vivant qui de ce fait estime quâil a fautĂ© et que la faute est Ă lâorigine de lâĂ©chec. Ce contexte social dagara, dans lequel se mĂȘlent sacrĂ© et profane, ne serait-il pas un espace propice Ă une expĂ©rimentation de la thĂ©ologie occidentale ? Ne serait-il pas le lieu dâune recomposition de la thĂ©ologie occidentale ? 15Pour rĂ©pondre Ă ce questionnement, il convient de partir dâune position officielle, celle de personnalitĂ©s de lâĂglise en Afrique. 4 GHAANĂ MĂDA B. J., Confession de foi Parole dâengagement pour le chrĂ©- tien Dagara. Essai thĂ©olog ... 16En effet, parmi ceux qui en Afrique sont les plus aptes Ă parler de la thĂ©ologie africaine, les prĂȘtres, certains ont tendance Ă subordonner la parole dagara Ă celle de Dieu, une subordination dans laquelle ils expriment la primautĂ© de la parole divine sur celle des Dagara, les ancĂȘtres y compris. La parole dagara apparaĂźt alors comme Ă©tant une Ă©manation de la parole de Dieu. La parole du Dagara qui tient sa vie de Dieu nâest quâune ombre de la parole de Dieu qui est crĂ©atrice4 ». 17Cependant, il y a mĂ©prise le rapport entre la parole divine et la parole dagara ne tient pas en une subordination ; il tient plutĂŽt dans la foi. Au fond, ce qui fonde la vĂ©ritĂ© de la parole dagara, notamment celle des ancĂȘtres, câest la foi des acteurs pour qui cette parole se rĂ©alisera toujours ; aux Ă©noncĂ©s correspondront tĂŽt ou tard des actes. Si les effets attendus ne se manifestent pas, câest le signe que lâhomme a fautĂ© ; il nâa pas respectĂ© la loi prescrite. Lâabsence dâeffets apparaĂźt alors comme une punition par quoi lâhomme doit prendre conscience de son mauvais comporte- ment qui exige une expiation pour que soit restaurĂ© le contexte favorable Ă lâĂ©mergence de la finalitĂ© attendue de la parole. Au fond, quâil sâagisse de la parole divine ou de celle des Dagara, leur fondement est cette confiance absolue en la parole donnĂ©e ; il ne sâagit nullement dâavoir des preuves comme fondement de la vĂ©racitĂ©. Il faut y croire, avoir foi en lâadvenir du bienfait et du bien-ĂȘtre promis en verbe. Au fond, il ne serait pas illĂ©gitime de soutenir quâavant dâĂȘtre une religion du Livre, le christianisme fut dans ses origines au moins, une religion de lâoralitĂ© Allez par- tout, portez la bonne nouvelle, portez la parole du Christ ». Câest donc bien de la parole quâil sâagit. 18Alors, en guise de suspension, non de conclusion, de cette rĂ©flexion, je suis tentĂ© dâaffirmer Ă lâencontre du pĂšre Girault, auteur de LumiĂšre sur la Volta 1946, que les Dagara nâĂ©taient pas des animistes monothĂ©istes mais quâils Ă©taient chrĂ©tiens avant le christianisme. Ou, pour le dire autrement, le christianisme comportait dĂ©jĂ une dĂ©termination conforme Ă lâĂȘtre dagara, voire lâĂȘtre africain. Au cours des quatre premiĂšres dĂ©cennies de lâinstauration du christianisme en pays dagara 1930-1970, la messe nâĂ©tait prononcĂ©e quâen latin. Ă cette Ă©poque, lâengagement des dĂ©vots Ă©tait trĂšs ferme et trĂšs fort. Ils avaient foi en une parole qui leur Ă©tait pourtant sĂ©mantique- ment inaccessible. Mais au fond, Ă©tait-il important dâaccĂ©der au sens ? Celui-ci nâĂ©tait-il pas donnĂ© par le silence mĂȘme de la parole malgrĂ© des sons produits et ouĂŻs ! 19LâexpĂ©rience a montrĂ© que lorsquâon a commencĂ© Ă traduire les textes sacrĂ©s en dagara et Ă dire la messe dans la mĂȘme langue, il y eut comme un effondrement du mystĂšre qui fit baisser la ferveur des croyants, mĂȘme sâil est vrai que celle-ci demeure encore assez forte, y compris aujourdâhui encore, en comparaison de ce quâon peut observer ailleurs, par exemple en Occident. Avoir foi en une parole exprime un engagement du sujet dans lequel la vĂ©ritĂ© du dire est acceptĂ©e comme allant de soi. En lâabsence de cette acceptation ou en prĂ©sence dâune recherche de dĂ©monstration de la vĂ©ritĂ© du dire, il ne peut plus sâagir de foi. Foi et parole ont donc un rapport intime, Ă©tabli par lâengagement. De ce point de vue, Dagara, Africains et ChrĂ©tiens ont un dia- logue qui sâĂ©crit Ă partir de la parole Ă condition dâĂ©viter la pro- motion des subordinations. Si la parole dagara est soumise Ă celle de Dieu, toute culture rĂ©ciproque entre Dagara et ChrĂ©tiens est impossible car il y a domination de lâune sur lâautre, des uns sur les autres, un espace dans lequel le dialogue devient Ă©videmment problĂ©matique. La fraternitĂ© est un espace de dĂ©couverte rĂ©ciproque, dâĂ©change, de partage ; ce qui est bien Ă©videmment lâex- pression dâune humilitĂ©. Si la domination devait intervenir, on serait alors dans un contexte de conflictualitĂ© ouverte, ce qui est contraire Ă lâenseignement thĂ©ologique chrĂ©tien. Alors il est sans doute prĂ©fĂ©rable de cultiver le dialogue dans un monde dĂ©jĂ si conflictuel quâon en vient Ă ignorer les espaces de dialogue qui Ă©mergent dans ce qui est dĂ©sormais dĂ©nommĂ© mondialisation, prĂ©sentĂ©e Ă tort comme nâĂ©tant que le lieu des oppositions et des dominations.
qu est ce qu un fouta